Saint Joseph a-t-il douté de Marie ? (3/3)

fr. Dominique Joseph

30 septembre 2019

Joseph pressent l’origine divine de l’enfant et se demande ce que Dieu attend de lui, il recherche de quelle manière il devrait appliquer la Loi pour servir la vie offerte. Ainsi, le vertige qui saisit saint Joseph est celui de la crainte ; le doute qui l’accable, celui de collaborer à l’œuvre de Dieu. Mais comment prétendrait-il devenir père du Messie ? Joseph ne peut imaginer recevoir la moindre autorité sur Dieu. Dépassé par la profondeur du mystère, l’époux de Marie choisit de remettre au Père ce qui lui appartient. Joseph s’endort sur la décision de confier la femme et l’enfant-roi à Celui qui donne la vie. Serviteur inutile, il abdique de tous ses droits au profit de Dieu. En renvoyant la Mère, il perdra tout, même sa bonne réputation, et il attirera sur lui l’attention du monde, permettant ainsi à Marie de mieux cacher son mystère dans le sein du Père.

Il importe de ne pas décider trop vite si les motivations de saint Joseph sont fondées ou s’il se fourvoie. Devant l’amour de Dieu, nul n’a raison, seule compte la réponse à son appel. Celle de Joseph pourrait se résumer ainsi : je ne suis rien, Dieu est Tout. Saint Joseph doute de sa dignité en face de Dieu et porte à son paroxysme le « exi a me » de saint Pierre, « éloigne-toi de moi » (Lc 5,8), en se retirant lui-même, en abandonnant tout à Dieu.

L’ange vient alors, confirmant ce que Joseph sait de la divinité de l’enfant et, tout autant, affirmant la dignité du saint patriarche. En vérité, la majesté de Joseph est grande pour qu’un ange de Dieu se manifeste ; sa dignité est comparable à celle d’Abraham, l’ami à qui Dieu s’ouvre de ses projets (cf. Gn 18,17). En outre, l’ange de Dieu s’adresse à Joseph en référence à son rang royal, « Joseph, fils de David », et il le confirme dans son mariage en désignant « Marie, ton épouse » (Mt 1,20). Le don de saint Joseph a été agréé, la royauté reviendra désormais à Jésus seul et le saint mariage de Marie et de Joseph portera un fruit que nul ne pouvait imaginer, le Messie. Joseph reçoit ainsi de Dieu tout ce qu’il lui a cédé et il reçoit davantage encore : Dieu lui-même, « un fils auquel tu donneras le nom de Jésus » (Mt 1,21), le Messie dont il sera père.

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